Qu’est ce que la micro-mobilité ?

Le 8 Nov, 2021
Définition Micro-mobilité

Le constat actuel est clair : les villes sont en constante évolution en raison de divers facteurs, principalement par les changements démographiques et la croissance de la population. Pour répondre à la problématique du déplacement urbain, la micro-mobilité est au cœur de nombreuses discussions. Actuellement, 55% de la population vit en zone urbaine. D’ici 2050, les Nations Unies estiment même que le nombre de citadins atteindra 68 % de la population mondiale, c’est à dire que deux personnes sur trois habiteront probablement dans des villes ou d’autres centres urbains.

Par conséquent, des problèmes se posent liés au transfert de grands flux de personnes, soit pour rejoindre leur lieu de travail, soit pour se promener. L’utilisation intensive de la voiture et un service de transport public déficient génèrent des embouteillages, du bruit et de la pollution de l’air, ce qui entraîne une détérioration de la qualité de vie, car il allonge les temps de trajet et génère du stress et de l’inconfort chez les personnes. La dépendance à l’égard des voitures est si grande qu’elles sont même utilisées pour de courts trajets.

Observé de plus en plus aux abords des rues de nos villes, ce concept de micro mobilité qui a fait irruption dans notre espace urbain est constitué de petits moyens de transport légers et à faible vitesse qui fonctionnent majoritairement à l’électricité et sont généralement utilisés sur des trajets de courte distance.

Face à cette problématique, apparaît la micro mobilité, une alternative nouvelle et moderne qui s’affranchit des véhicules à moteur, respecte l’environnement et fait gagner du temps. Découvrons cette solution ci-dessous.

Les bases de la micro-mobilité urbaine

« Micro » implique un minimum. « Mobilité », la capacité de se déplacer librement. La micro-mobilité fait référence aux véhicules légers (pesant moins de 500 kg) pouvant transporter un, voire deux passagers au maximum. Les vélos en sont probablement l’exemple le plus courant, mais il s’agit notamment des petites voitures électriques, les VAE (vélos électriques), scooters et trottinettes électriques.

Selon une étude du McKinsey Center for Future Mobility, environ 60% des trajets en voiture effectués dans le monde font moins de 5 kilomètres. Ceux-ci peuvent facilement être couverts par des solutions de micromobilité, qui permettraient également de couvrir 20 % des déplacements en transports en commun. Cette distance est suffisamment courte pour que les vélos, trottinettes et scooters, électriques ou non, puissent la parcourir, en gagnant même du temps par rapport à l’utilisation de véhicules conventionnels. ⏱

Grâce au développement accru de la micro mobilité électrique, ces véhicules peuvent même couvrir des trajets plus longs plus rapidement que les vélos et scooters à propulsion humaine, ce qui permet donc à un panel de la population plus large d’en profiter.

Dans tous les cas, le remplacement des voitures présente des avantages importants en termes d’environnement : si l’utilisation des engins électriques augmentait à 11%, cela signifierait une réduction de 7% des émissions de CO2 des transports urbains en 2030, ce qui équivaudrait à supprimer 134 millions de voitures sur nos routes urbaines. De quoi se pencher sérieusement sur le sujet !

De plus, ces véhicules électriques s’intègrent facilement dans les infrastructures cyclables existantes, rendant leur adoption rapide et relativement aisée. Avec ce changement, le nombre de passagers dans les transports publics augmenterait dans les villes, évitant ainsi l’utilisation de véhicules privés, allégeant la congestion et augmentant l’espace public disponible.

En effet, moins les voitures circuleront, plus nos rues seront sûres pour tout le monde, en particulier les piétons. 🚶‍♂️

Pour obtenir ces avantages et d’autres et promouvoir l’utilisation de ces moyens de transport électriques, les villes se doivent aussi de développer des réglementations similaires à celles des vélos et de communiquer au maximum sur ces nouveaux modes de déplacement.

Que permettent ces nouvelles opportunités ?

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L’électrification récente des véhicules tels que les vélos, trottinettes, skateboards et cyclomoteurs, offre à nos villes de nouvelles opportunités de développer des solutions de transport durable en remplaçant les véhicules de tourisme basés sur des moteurs à combustion. ⛽

Et ce sont précisément les vélos et trottinettes électriques qui offrent aux citoyens de nouvelles alternatives pour se rendre à leurs destinations sans dépendre de véhicules privés à faible taux d’occupation, ce qui permet de réduire les déplacements avec un ratio élevé d’émissions par occupant.

Il est également vrai que ce nouveau mode de transport de passagers est confronté à des défis importants :

  • L’un consiste à faire sortir les gens de leur voiture pour utiliser d’autres modes de déplacement
  • Et l’autre à combiner son engin avec les transports publics

Cette éventualité se produit lorsque les gens ne disposent pas de moyens abordables et efficaces pour se rendre dans les transports en commun, ce qui nous empêche d’oser abandonner nos véhicules thermiques.

L’une des principales opportunités d’introduction des véhicules de micromobilité électrique est précisément leur capacité à résoudre un problème de déplacement majeur, celui du domicile-travail.

La vérité est que presque tout le monde pourrait utiliser des engins électriques pour parcourir de courtes distances, quelle que soit notre condition ou nos capacités physiques.

Les vélos électriques peuvent parcourir de plus longues distances, permettant ainsi d’envisager une activité sportive douce et enrichissante. Et avec la mise en place de systèmes de partage, il est de plus en plus fréquent que les citoyens soient incités à déplacer ces trottinettes ou vélos électriques pour rejoindre les arrêts de bus, métro, tramway ou train. 🚟

Ces alternatives durables parviennent à convaincre de plus en plus de monde à laisser leurs voitures à la maison et illustrent une tendance à la micro-mobilité comme moyen de résoudre de nombreux soucis, tels que la congestion urbaine ou encore la pollution atmosphérique.

Que faut-il faire pour généraliser la micro-mobilité ?

Pour comprendre certains obstacles auxquels les villes sont confrontées lorsqu’elles souhaitent offrir plus d’alternatives aux utilisateurs, il peut être utile de considérer l’exemple simple des vélos. Pourquoi les adultes plus actifs ne font-ils pas de vélo lorsqu’ils doivent faire de courts trajets ?

D’une part, les vélos n’ont pas vraiment leur place sur la plupart des trottoirs ou des rues, ils peuvent donc devenir des dangers pour les cyclistes, les conducteurs et les piétons dans des endroits sans pistes cyclables ou chemins.

De plus, où les gens laissent-ils les vélos une fois arrivés à destination ? Plusieurs solutions, mettre en place des services de vélos en libre-service (déjà déployés dans certaines villes mais qui ont aussi leurs inconvénients), créer davantage de pistes cyclables ou opter pour des entreprises qui ont leur propre solution de mise à disposition d’engins de micro-mobilité au service de leurs communauté, comme la solution Trivia le propose actuellement.

En effet, au fur et à mesure que la demande de transports alternatifs augmente, de nombreuses entreprises ont mis au point des programmes de partage de véhicules qui permettent aux gens de «réserver» leur moyen de transport via des applications pratiques, distribuées en libre-service ou dans leur propre communauté.

Par ce biais, les clients peuvent utiliser leurs téléphones portables pour localiser et voir la disponibilité d’un engin, le déverrouiller et l’utiliser. Le soir, les travailleurs peuvent faire plusieurs choix, soit garder le véhicule jusqu’au lendemain afin d’effectuer leur trajet domicile-travail, soit le déposer aux endroits désignés. 

Toutes ces actions doivent donc résulter d’une coopération et communication puissante et volontaire entre les urbanistes, les entreprises et les métropoles.

Avantages et inconvénients de la micro-mobilité

micro mobilite modes transports

Les solutions de micro-mobilité telles que celles évoquées précédemment (scooters électriques, VAE, trottinettes électriques, etc…) sont un petit pas dans la bonne direction pour résoudre les problèmes de congestion urbaine.

Les avantages de la micro-mobilité sont nombreux, en voici quelques-uns :

  • Elle nécessite moins de dépenses économiques qu’une voiture.
  • Elle permet de pratiquer une activité plein air.
  • Pas de permis spécifique pour utiliser la mobilité douce : presque tout le monde avec un smartphone peut y accéder (à moins d’avoir au moins 18 ans pour la majorité des app).
  • Ils peuvent accroître la mobilité dans les zones défavorisées (Pour les personnes ayant un faible accès à la voiture, la micro-mobilité sert de solution pour augmenter l’accessibilité aux ressources).
  • Offrir une complémentarité avec les transports en commun.
  • Ils sont pour la plupart électriques, ce qui signifie que l’impact sur l’environnement est beaucoup plus faible que l’utilisation d’un véhicule à essence (ignorant l’impact des déchets potentiels de batterie).
  • Permet d’éviter les embouteillages et une meilleure efficacité pour des distances de moins de 10 kilomètres.

Ils ont toutefois encore quelques problèmes majeurs :

  • La sécurité est une grande préoccupation, les engins de micro mobilité ne sont pas encore correctement réglementés, provoquant divers accidents et un certain chaos sur les trottoirs où ils circulent.
  • La réglementation est encore récente et peu connue.
  • L’entreposage public de ces solutions peut se révéler problématique selon les villes.
  • Les routes ne sont pas correctement interconnectées et aménagées pour la circulation de ces nouvelles solutions.
  • Encore un peu onéreux par rapport aux transports en commun (malgré une volonté de l’état à mettre en place des aides financières à destination des entreprises pour ses utilisateurs)

La micro-mobilité dans le monde

velo micromobilite monde min

La micro-mobilité, entendue comme dans d’autres pays, permettrait à une personne de changer de moyen de transport en fonction du rayon de distance de sa destination. L’objectif est de pouvoir utiliser le transport qui convient le mieux à l’environnement et à la capacité de l’utilisateur. On pouvait voyager en bus jusqu’à la ville, puis prendre un vélo pour un long trajet détendu. En atteignant le centre-ville, on passerait à un scooter électrique pour atteindre rapidement et confortablement la destination finale. 📍

Dans des villes comme Marseille, des problèmes ont surgi en raison d’une mauvaise utilisation par les utilisateurs. Des dizaines de trottinettes électriques ont été retrouvées dans la mer, jetées dans la baie, où leurs batteries se détériorent et polluent l’environnement. Ces actes sont en partie révélateurs d’un gros problème d’incivilités et d’une sensibilisation encore trop peu présente auprès de la population.

À Berlin, vous pouvez également trouver ces véhicules cabossés, voir même abandonnés dans la ville. De plus, leur pérennité est remise en cause, puisque ces véhicules ne seraient durables que s’ils remplacent les voitures et non s’ils ne remplacent que les vélos, une maintenance scrupuleuse doit donc être mise en place pour ces nouvelles solutions de micro-mobilité sans que cela n’impacte négativement l’image de la ville qui l’accueille. Dans certaines agglomérations Européennes, cela est globalement dû au fait que sa circulation est encore limitée par les pistes cyclables et les trottoirs.

Quel avenir pour la micro-mobilité ?

En conclusion, il faut retenir que la micromobilité devient une alternative très attractive qui, en la régulant et en conditionnant les itinéraires à sa meilleure utilisation, serait une mesure qui, en plus de celles déjà en place, permettrait d’atténuer de nombreux problèmes : la circulation en France qui cause tant de pertes économiques, de bien-être, de santé, etc. Rappelons que chaque année en France, environ 47000 décès sont liés à la pollution (particules fines & dioxyde d’azote.). Il convient donc d’agir vite pour que nos générations futures soient sensibilisées par toutes ces problématiques. 

L’utilisation généralisée des trottinettes, scooters et vélos électriques pourrait donc grandement contribuer à réduire la présence de voitures individuelles dans nos villes, générant des avantages importants qui augmentent à la même échelle que leur adoption. Cela permet également à la population de se familiariser avec des modes de transport multimodaux, tout aussi performants en terme de durée de trajet.

Dans une large mesure, le succès de la micromobilité dépend aussi de son incorporation comme ressource clé dans les plans municipaux de nos villes, et du fait que les citoyens parient sur le changement des habitudes et optent pour ces alternatives éco-intelligentes. 

Et vous, pensez-vous que le potentiel de ce type de mobilité permettra d’améliorer les transports urbains et de générer des villes plus durables d’ici les prochaines années ? 🚲🛴